beauté et traditions

En ce qui concerne le code vestimentaire, la tradition et les coutumes flirtent avec la modernité et les influences occidentales. Une certaine liberté des mœurs vestimentaires prévaut de plus en plus à Bamako. La capitale évolue au rythme des dernières modes et l’adaptation s’effectue assez aisément. Il est vrai que le Mali pourrait difficilement se défaire de ses habitudes et de ce qui forge l’identité culturelle propre à ses habitants. Toutefois, le jumelage des traditions et des dernières tendances occidentales (que ce soit par la mode, la musique ou le parlé) s’effectue d’une manière très tolérante.

 

Le Bazin

Le bazin représente l’un des tissus les plus appréciés par toutes les catégories sociales au Mali. A Bamako, les jeunes dames en particulier en raffolent. Il est porté tous les jours, mais surtout lors des grandes occasions, les couturiers rivalisant d’imagination pour valoriser son port, en confectionnant des « boubous » (vêtement traditionnel pour hommes et femmes), des chemises et autres parures, pour tous les goûts.

Il existe plusieurs qualités de bazin : le bazin dit « riche » (de meilleure qualité, et qui coûte donc plus cher), est porté par la classe aisée de la ville, et le bazin moins riche, ou dit de deuxième qualité, et donc moins cher.

Il est coutume de dire que le bazin apporte la considération sociale à la personne qui la porte. Plus vous êtes paré des bazins les plus clinquants, plus on vous considère comme la concrétisation de la réussite même. Le bazin est avant tout un signe de prestige, de pureté et aussi de religiosité, car ils sont aussi portés durant les célébrations religieuses de baptêmes et de mariage.

 

Le Wax

Comme dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne et australe, ce tissu très prisé et très tendance constitue la base de la confection des bazins et autres modèles de vêtements.
Le Wax utilisé au Mali est généralement importé d’Europe, et cousus suivant les standards de la mode malienne. Il existe plusieurs types de bazins, dont le Fanzi ou le bazin Hollandais, qui sont en vente dans des boutiques spécialisés et dans les différents marchés de Bamako.

 

Le pagne traditionnel

Le pagne est un vêtement traditionnel féminin. Généralement composé de sept bandes de cotonnades cousues entre elles, le pagne traditionnel, appelé « taafé » en langue Bambara,  est la parure de base de la gente féminine.
Chaque dessin et chaque signe représentés sur le pagne ont une signification symbolique propre. Juxtaposés à d'autres signes et selon leur place dans la composition générale, les motifs chargés de messages offrent le récit d'événements réels et mythiques. Ces signes deviennent alors écriture pour ceux qui parviennent à les déchiffrer. L'interprétation donnée aux différents éléments ornant le textile révèle la signification propre de ce type de vêtement. Par exemple, les histoires reproduites sur le pagne en bogolan protègent la femme qui le revêt. Elle en possède plusieurs, portés selon leurs significations à des moments particuliers de sa vie d'épouse ou de mère.

 

Le Bogolan

Réputé pour la qualité de son tissu sur l’ensemble du continent africain et au-delà des frontières, particulièrement en France et aux Etats-Unis, le Bogolan signifie en bambara ""avec"" (lan) et ""terre"" (bogo). Il s'obtient à partir d’une teinture confectionnée par réaction chimique lors de l'application de la boue sur le support textile. Toutes les nuances colorées sont ensuite obtenues à partir de matériaux minéraux et végétaux : décoction de feuilles et d'écorces d'arbres, potasse traditionnelle et savon détergeant.

Selon une légende, la découverte du Bogolan aurait été fortuite : une femme revêtue d'un pagne teint l'aurait malencontreusement tâché avec de la boue provenant du fleuve. Lorsqu'elle essaya de le nettoyer, elle s'aperçut que la boue avait teint le tissu, les tâches étant devenues indélébiles.
A l'origine, chaque tenue, de par ses motifs et ses coloris, était vouée à un usage particulier. Chaque signe détient une signification symbolique et un message précis. Le Bogolan demeure l’habillement traditionnel des chasseurs, mais ce tissu devient de plus en plus un produit d’exportation.

 

Les friperies ou « yougou yougou »

Remplaçant peu à peu les tenues traditionnelles africaines et maliennes, les produits des friperies ou des marchés aux puces sont portés pour toutes sortes d’occasions et restent à la portée de toutes les bourses car elles sont plus accessibles. Presque tous les marchés de la ville comptent une section friperie, où toutes sortes d’articles sont vendus par des marchands ambulants.

 

Les teinturières de Bamako

Le Mali étant l’un des premiers producteurs de coton en Afrique, il en exporte l'essentiel à l'état brut et importe les bazins blancs que les femmes professionnelles dans ce domaine transformeront en une palette de couleurs chatoyantes. Après avoir appliqué de la cire spéciale sur une partie du tissu, attachée ensuite en plusieurs nœuds, ceux-ci sont ensuite défaits pour laisser apparaître les motifs ainsi créés.
Les teinturières de Bamako, dans leur ensemble, se sont taillé une belle réputation au-delà des frontières maliennes. Pour satisfaire la demande, la teinture artisanale se pratique donc un peu partout à Bamako, sur les rives du fleuve Niger comme dans les cours des maisons familiales, où les bassines bouillonnent sur des feux de bois et les bazins sont exposés sur une corde à linge.

Focus
Tantou Sambaké, une des plus célèbres teinturières de boubous de la capitale, a mis sur pied il y a quelques années un centre de formation en teinturerie, au cœur du quartier populaire de Magnambougou.  Cette femme renommée pour ses initiatives organise dans sa concession des ateliers où les maliennes viennent passer des commandes, tout en étant guidées dans leur choix par le personnel et la maîtresse des  lieux, qui leur montre ses plus belles créations en photos.

 

Le Wusulan

L’encens traditionnel malien, appelé wusulan, est non seulement un parfum corporel utilisé par les femmes, mais également un parfum d'ambiance, et un incontournable de la culture malienne, au point que l’ancienne première dame du Mali, Madame Adame Ba Konaré, lui a consacré tout un ouvrage : « Parfums du Mali ».
Abandonné pendant toute la période de la colonisation française, l'encens refait peu à peu surface, utilisé par les femmes maliennes de toutes les conditions, tant pour se parfumer que pour purifier leur maison. Marchandise prisée dès le XIe siècle, le wusulan est encore aujourd'hui présent dans toutes les étapes importantes de la vie sociale des femmes : baptêmes, cérémonies de mariage et fêtes diverses…
Véritable produit de séduction, le wusulan est principalement utilisé par les femmes, qui détiennent les secrets de sa fabrication : un mélange savant entre certaines matières premières et des eaux de parfum ou huiles parfumées. Myrrhe ou vétiver, mais aussi clou de girofle, citron et karité entrent dans sa préparation.
Les parfums sont fabriqués à partir de matières  tel que les gommes résines, les racines, les écorces de bois, les fruits, les lichens, les feuilles et les parfums huileux ou alcoolisés. Malgré son prix assez élevé pour le pays, le wusulan possède un marché porteur.

 

Les tresses traditionnelles

Dans le domaine de la coiffure traditionnelle, les petites filles et les femmes se parent en se nouant les cheveux en petites tresses au raz du crâne, avec ou sans postiches, dont les alignements forment une infinité de coiffures, dont certaines ont des volumes surprenants. Avec l’apparition en masse des salons de coiffure, certains modèles ont été modernisés et mis au goût du jour.

 

Les cérémonies de mariage et de baptême

La plupart des mariages et des baptêmes à Bamako sont célébrés les Jeudis ou les Dimanches, comme le veut la tradition. Animées par les cantatrices et griots des familles organisatrices, ces cérémonies peuvent voir les festivités se dérouler sur deux ou trois jours, avec des cortèges dynamiques, des femmes parées de leur bazins et somptueuses étoffes, ainsi que de leur plus beaux bijoux en or. Les amateurs de musique traditionnelle seront enchantés par la diversité d’instruments utilisés pour rendre l’ambiance encore plus festive.

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